{"id":220180,"date":"2021-08-04T11:03:01","date_gmt":"2021-08-04T09:03:01","guid":{"rendered":"https:\/\/plumvillage.org\/?p=220180"},"modified":"2022-12-21T16:07:55","modified_gmt":"2022-12-21T15:07:55","slug":"une-rose-pour-votre-boutonniere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/ressources\/poems-of-thay-fr\/une-rose-pour-votre-boutonniere","title":{"rendered":"Une rose pour votre boutonni\u00e8re"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-large-font-size\"><em>\u00ab\u00a0Lorsque j\u2019\u00e9tais un enfant j\u2019ai entendu un po\u00e8me tout simple parlant de la mort de la maman et celui-ci a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s important pour moi. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Po\u00e8me en prose \u00e9crit par notre ma\u00eetre<\/h2>\n\n\n\n<p><meta charset=\"utf-8\"><em>\u00ab\u00a0<\/em>La pens\u00e9e \u201c<em>maman<\/em>\u201d ne peut pas \u00eatre s\u00e9par\u00e9e de celle de l\u2019amour. L\u2019amour est doux, tendre et d\u00e9licieux. Sans amour, un enfant ne peut pas s\u2019\u00e9panouir, un adulte ne peut murir. Sans amour nous nous affaiblissons, nous nous dess\u00e9chons. Le jour o\u00f9 ma m\u00e8re est morte j\u2019ai \u00e9crit ceci dans mon journal : \u201c<em>Le plus grand malheur de ma vie est arriv\u00e9!<\/em>\u201d. M\u00eame une personne \u00e2g\u00e9e, lorsqu\u2019elle perd sa m\u00e8re ne se sent pas pr\u00eate. Elle aussi a l\u2019impression qu\u2019elle n\u2019est pas m\u00fbre, qu\u2019elle est soudainement seule. Elle se sent comme un jeune orphelin abandonn\u00e9 et malheureux. Nous nageons dans un monde d\u2019amour tendre pendant de nombreuses ann\u00e9es, et sans m\u00eame le savoir nous y sommes tr\u00e8s heureux. Nous en devenons conscients seulement lorsqu\u2019il est trop tard.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque j\u2019\u00e9tais un enfant j\u2019ai entendu un po\u00e8me tout simple parlant de la mort de la maman et celui-ci a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s important pour moi. Si votre maman est encore vivante, en le lisant vous ressentirez de la tendresse pour elle, avec la crainte de cet \u00e9v\u00e8nement in\u00e9vitable :<\/p>\n\n\n\n<p>\u201c<em>Cette ann\u00e9e, alors que j\u2019\u00e9tais encore tr\u00e8s jeune,<br>ma m\u00e8re m\u2019a quitt\u00e9,<br>et j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que j\u2019\u00e9tais un orphelin.<br>Tout le monde autour de moi pleurait.<br>J\u2019ai souffert en silence\u2026..<br>permettant aux larmes de couler.<br>J\u2019ai senti ma douleur s\u2019adoucir.<br>Le soir enveloppait la tombe de ma m\u00e8re.<br>La cloche de la pagode a sonn\u00e9 doucement.<br>J\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que de perdre sa maman<br>est de perdre tout l\u2019univers<\/em>.\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a des moments o\u00f9 apr\u00e8s une fi\u00e8vre nous avons un go\u00fbt amer et fade dans notre bouche et rien ne nous semble bon. Notre maman vient nous voir et gentiment nous borde dans notre lit, met sa main sur notre front br\u00fblant et doucement nous murmure \u201c<em>ma pauvre ch\u00e9rie<\/em>\u201c, \u00e0 ce moment l\u00e0 nous nous sentons beaucoup mieux, entour\u00e9e par la douceur de l\u2019amour maternel. Son amour est inconditionnel, si doux et si sucr\u00e9, comme le miel.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019amour d\u2019un p\u00e8re est immense, aussi grand qu\u2019une montagne. Le d\u00e9vouement d\u2019une maman est d\u00e9bordant, comme l\u2019eau d\u2019une source. L\u2019amour maternel est notre premier contact avec l\u2019amour. Notre m\u00e8re est le maitre qui nous enseigne l\u2019amour, le sujet le plus important de la vie. Sans ma m\u00e8re je n\u2019aurais jamais su savoir comment aimer. Gr\u00e2ce \u00e0 elle je suis capable d\u2019aimer mon prochain. Gr\u00e2ce \u00e0 elle je peux aimer tous les \u00eatres vivants. Notre m\u00e8re est un esprit doux et tendre qui fait dispara\u00eetre la tristesse et les inqui\u00e9tudes. Quand le mot \u201cmaman\u201d est prononc\u00e9, nous sentons imm\u00e9diatement nos c\u0153urs d\u00e9border d\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<p>En Occident nous c\u00e9l\u00e9brons la f\u00eate des m\u00e8res en mai. Au Japon, si votre m\u00e8re est encore vivante, vous portez une rose rouge \u00e0 votre boutonni\u00e8re fier d\u2019avoir une m\u00e8re. Si elle n\u2019est plus vivante, vous portez une rose blanche. J\u2019ai regard\u00e9 la fleur blanche sur ma robe et soudainement je me suis senti tr\u00e8s malheureux. J\u2019\u00e9tais un orphelin comme tous les autres orphelins malheureux, nous orphelins nous ne pouvons plus fi\u00e8rement porter des roses rouges \u00e0 nos boutonni\u00e8res. Ceux qui portent des fleurs blanches souffrent, et leur pens\u00e9e va vers leur m\u00e8re. Ils ne peuvent pas oublier qu\u2019elle n\u2019est plus l\u00e0. Ceux qui portent des roses rouges sont heureux sachant que leur m\u00e8re est encore vivante. Ils peuvent essayer de lui faire plaisir avant qu\u2019elle ne soit partie et qu\u2019il soit trop tard. Je trouve cela une tr\u00e8s belle coutume. Je propose que nous fassions la m\u00eame chose au Vietnam et en Occident aussi.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre m\u00e8re est une source intarissable d\u2019amour, un tr\u00e9sor in\u00e9puisable. Malheureusement, parfois, nous oublions cela. Une m\u00e8re est le plus beau cadeau que la vie nous ait offert. Si votre m\u00e8re est encore vivante, s\u2019il vous plait, n\u2019attendez pas sa mort pour dire\u00a0: \u201c<em>Mon Dieu, j\u2019ai v\u00e9cu \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ma m\u00e8re toutes ces ann\u00e9es sans l\u2019avoir jamais vraiment regard\u00e9<\/em>\u201c. Juste des regards brefs, quelques mots \u00e9chang\u00e9s \u2013 pour demander un peu d\u2019argent de poche ou une chose ou l\u2019autre. On se blottit contre son sein pour avoir chaud, on boude, on se f\u00e2che avec elle. On lui complique sa vie, lui apportant de l\u2019inqui\u00e9tude, affaiblissant sa sant\u00e9, la faisant se coucher tard et se lever t\u00f4t. Nous attendons d\u2019elle qu\u2019elle cuisine, nettoie apr\u00e8s nous, alors que nous pensons uniquement \u00e0 nos \u00e9tudes ou \u00e0 notre carri\u00e8re. Notre m\u00e8re n\u2019a plus le temps de vraiment nous regarder et nous sommes trop occup\u00e9es pour vraiment la regarder. Lorsqu\u2019elle n\u2019est plus l\u00e0, alors seulement nous r\u00e9alisons que nous n\u2019avons pas \u00e9t\u00e9 conscients d\u2019avoir une m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir, en rentrant de l\u2019\u00e9cole ou du travail ou bien si vous vivez loin d\u2019elle, la prochaine fois que vous lui rendrez visite, entrez dans sa chambre et avec un sourire calme et doux, asseyez-vous pr\u00e8s d\u2019elle. Sans rien dire, faite la s\u2019arr\u00eater de travailler. Ensuite regarder la longuement, regardez la bien. Faites cela pour vraiment la voir, r\u00e9aliser qu\u2019elle est ici, vivante, pr\u00e8s de vous. Prenez sa main et posez lui cette courte question qui attirera son attention. \u201c<em>Maman, sais-tu quelque chose\u00a0?<\/em>\u201d Elle sera peut-\u00eatre un peu surprise et vous demandera en souriant \u201c<em>Oui, ma ch\u00e9rie\u00a0?<\/em>\u201d\u00a0\u00a0 Vous continuerez \u00e0 la regarder dans les yeux, et avec un sourire serein vous lui direz\u00a0: \u201c<em>Sais-tu que je t\u2019aime\u00a0?<\/em>\u201d Posez-lui cette question sans attendre de r\u00e9ponse. M\u00eame si vous avez 30 ou 40 ans, ou si vous \u00eates plus \u00e2g\u00e9, posez la question simplement parce que vous \u00eates l\u2019enfant de votre maman. Votre maman et vous serez heureux, conscients de vivre l\u2019amour \u00e9ternel. Et demain lorsqu\u2019elle vous quittera vous n\u2019aurez pas de remords.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette rose rouge, je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 accroch\u00e9 \u00e0 votre boutonni\u00e8re. S\u2019il vous plait soyez heureux.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Lorsque j\u2019\u00e9tais un enfant j\u2019ai entendu un po\u00e8me tout simple parlant de la mort de la maman et celui-ci a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s important pour moi. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"author":1142,"featured_media":220162,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"sync_status":"","episode_type":"","audio_file":"","castos_file_data":"","podmotor_file_id":"","cover_image":"","cover_image_id":"","duration":"","filesize":"","filesize_raw":"","date_recorded":"","explicit":"","block":"","itunes_episode_number":"","itunes_title":"","itunes_season_number":"","itunes_episode_type":"","ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"categories":[1588,1977],"pv_series":[1980],"class_list":["post-220180","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-fr","category-poems-of-thay-fr","pv_series-thays-poetry-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/220180","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1142"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=220180"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/220180\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/220162"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=220180"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=220180"},{"taxonomy":"pv_series","embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pv_series?post=220180"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}