{"id":296947,"date":"2022-07-15T17:15:00","date_gmt":"2022-07-15T15:15:00","guid":{"rendered":"https:\/\/plumvillage.org\/articles-fr\/safe-harbour\/"},"modified":"2022-12-22T10:18:47","modified_gmt":"2022-12-22T09:18:47","slug":"safe-harbour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/articles-fr\/safe-harbour","title":{"rendered":"Un Havre de Paix"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-large-font-size\">Dans cette lettre touchante, S\u0153ur Ch\u00e2n Tu\u1ec7 Nghi\u00eam raconte ses premi\u00e8res visites au Village des Pruniers, comment elle a d\u00e9cid\u00e9 de devenir nonne, comment elle a suivi le chemin monastique et comment elle a fait pour pratiquer lorsque sa m\u00e8re est morte.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"354\" src=\"https:\/\/dev.plumvillage.org\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/pAftpiqf5-1500-1024x354.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-296737\" srcset=\"https:\/\/dev.plumvillage.org\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/pAftpiqf5-1500-1024x354.webp 1024w, https:\/\/dev.plumvillage.org\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/pAftpiqf5-1500-499x172.webp 499w, https:\/\/dev.plumvillage.org\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/pAftpiqf5-1500-768x265.webp 768w, https:\/\/dev.plumvillage.org\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/pAftpiqf5-1500.webp 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Mes chers jeunes fr\u00e8res et s\u0153urs,<\/p>\n\n\n\n<p>Le jour o\u00f9 je suis arriv\u00e9e au Village des Pruniers, il y a trente ans, tu venais d&rsquo;avoir un an. Vous ne pouvez pas imaginer ce qu&rsquo;\u00e9tait le Village des Pruniers, ni ce que j&rsquo;\u00e9tais en tant que jeune femme de vingt-deux ans, n&rsquo;est-ce pas ? Tu me demanderais <em>pourquoi tu es venue au Village des Pruniers alors qu&rsquo;il y avait si peu de personnes ici et que les conditions de vie \u00e9taient si simples ? Qu&rsquo;est-ce qui vous a fait choisir le Village des Pruniers comme havre de paix pour vivre la vie d&rsquo;un moine ?<\/em> Trente ans, c&rsquo;est long, mais \u00e7a passe aussi tr\u00e8s vite.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignright\" id=\"articlesr-tue-nghiemSrTueThay\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lathu.langmai.org\/media\/build\/article\/sr-tue-nghiem\/bamh5O8PyC-1500.webp\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Je suis arriv\u00e9e au Village des Pruniers pendant la retraite d&rsquo;\u00e9t\u00e9 de 1992. Le Village des Pruniers f\u00eatait son dixi\u00e8me anniversaire et s&rsquo;appelait encore \u201cVillage des kakis\u201d. Ma premi\u00e8re impression a \u00e9t\u00e9 que &#8211; <em>j&rsquo;\u00e9tais de retour dans mon pays natal, le Vietnam<\/em>. Bien que j&rsquo;aie grandi aux \u00c9tats-Unis depuis l&rsquo;\u00e2ge de dix ans, j&rsquo;avais la sensation de ne jamais m&rsquo;\u00eatre vraiment int\u00e9gr\u00e9e dans l&rsquo;environnement et la soci\u00e9t\u00e9 de ce pays. Je n&rsquo;\u00e9tais pas reconnue comme am\u00e9ricaine \u00e0 cause de mes cheveux noirs et de ma peau jaune.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Un sentiment d&rsquo;appartenance<\/h4>\n\n\n\n<p>En venant au Village des Pruniers cette ann\u00e9e-l\u00e0, j&rsquo;ai fait la connaissance de nombreuses jeunes personnes vietnamiennes qui avaient \u00e9galement grandi en Occident. Tous ressentaient peut-\u00eatre la m\u00eame chose que moi et, par cons\u00e9quent, lorsque nous nous r\u00e9unissions, nous pouvions nous accepter compl\u00e8tement les uns les autres. Chacun a ouvert son c\u0153ur pour s&rsquo;aider, se soutenir et s&rsquo;aimer. L&rsquo;atmosph\u00e8re du Village des Pruniers, les enseignements du Dharma de Thay et la pr\u00e9sence des fr\u00e8res et s\u0153urs ont cr\u00e9\u00e9 un environnement vraiment sain et pur, rempli de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et d&rsquo;amour. En une semaine seulement, notre groupe de jeunes personnes \u00e9tait devenu des amis proches. Je me suis nourrie de cet amour et de cette amiti\u00e9 tout au long de ces 30 ann\u00e9es. C&rsquo;est ici mon v\u00e9ritable foyer, car c&rsquo;est ici que j&rsquo;ai trouv\u00e9 l&rsquo;amour, l&rsquo;humanit\u00e9, l&rsquo;acceptation, la joie, la s\u00e9curit\u00e9 et les enseignements qui m&rsquo;aident \u00e0 affronter les difficult\u00e9s et \u00e0 vivre dans la bont\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Thay aimait voir les personnes, jeunes hommes ou jeunes femmes, porter la longue robe traditionnelle vietnamienne. Nous avons eu de nombreuses occasions de porter la longue robe pendant la semaine, en \u00e9coutant l&rsquo;enseignement du Dharma de Thay, pendant la m\u00e9ditation du th\u00e9 ou lors de diverses c\u00e9r\u00e9monies. Vous savez quoi, ma ch\u00e8re ? C&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois de ma vie que je portais la longue robe r\u00e9guli\u00e8rement comme \u00e7a. Apr\u00e8s le d\u00e9jeuner et le d\u00eener, les jeunes amis se r\u00e9unissaient sous les deux ch\u00eanes du Hameau du Bas, pr\u00e8s de la bambouseraie. Chaque jour, je me nourrissais et grandissais un peu gr\u00e2ce aux chants, \u00e0 la musique zen, aux rires p\u00e9tillants et \u00e0 l&rsquo;amiti\u00e9. Au bout d&rsquo;un mois, je suis rentr\u00e9e aux \u00c9tats-Unis avec de la joie et de la chaleur dans le c\u0153ur. Je savais que j&rsquo;avais trouv\u00e9 un chemin beau et sain et, en plus, il y avait des amis si adorables et si gentils d&rsquo;Europe et d&rsquo;Am\u00e9rique qui le parcouraient avec moi.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de revenir vivre au Village des Pruniers pendant un an. Je venais d&rsquo;obtenir mon dipl\u00f4me universitaire et c&rsquo;\u00e9tait le moment pour moi d&rsquo;explorer le monde avant de poursuivre mes \u00e9tudes. Je suis revenu juste avant la retraite d&rsquo;hiver. Il y avait une grande diff\u00e9rence entre l&rsquo;\u00e9t\u00e9 et l&rsquo;hiver. Cette fois, il n&rsquo;y avait qu&rsquo;une quinzaine de fr\u00e8res et s\u0153urs et quelques amis la\u00efcs. J&rsquo;\u00e9tais la seule jeune personne du Hameau du Bas. L&rsquo;air \u00e9tait froid, la pluie humide, et la boue boueuse. Mes amis n&rsquo;\u00e9taient pas l\u00e0, il n&rsquo;y avait pas de t\u00e9l\u00e9vision, pas de films, pas d&rsquo;internet, et il n&rsquo;\u00e9tait pas question de s&rsquo;occuper pour \u00e9viter de se confronter \u00e0 soi-m\u00eame. J&rsquo;ai eu beaucoup de mal \u00e0 traverser cette p\u00e9riode. Il y avait suffisamment d&rsquo;espace et de conditions pour que certaines douleurs et souffrances profond\u00e9ment ancr\u00e9es dans le pass\u00e9 se manifestent. Je n&rsquo;avais pas d&rsquo;autre choix que de trouver des moyens de soulager ma douleur et ma souffrance. Heureusement, les enseignements de Thay, l&rsquo;amour des s\u0153urs et de mon fr\u00e8re de sang, Fr\u00e8re Phap Dang, m&rsquo;ont permis d&rsquo;avoir le courage de revenir \u00e0 moi, de prendre soin et de regarder dans mon esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>Un \u00e9l\u00e9ment qui m&rsquo;a beaucoup aid\u00e9 est la nature, la Terre M\u00e8re. En dehors des repas, du repos, du sommeil et de la m\u00e9ditation assise, je passais toute la journ\u00e9e dans la nature pour \u00eatre avec les arbres, le ciel et la terre. La nature est devenue une amie ch\u00e8re qui m&rsquo;a aid\u00e9 \u00e0 avoir la joie et la force n\u00e9cessaires pour faire face \u00e0 ma douleur int\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Village des Pruniers \u00e9tait encore tr\u00e8s pauvre \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Les maisons \u00e9taient simples et miteuses. J&rsquo;ai dormi dans un b\u00e2timent qui servait autrefois \u00e0 s\u00e9cher le tabac. Le b\u00e2timent avait des murs en briques rouges et un sol en ciment. Nos lits n&rsquo;\u00e9taient qu&rsquo;une planche de bois pos\u00e9e sur quatre briques. Si vous vouliez utiliser les toilettes au milieu d&rsquo;une nuit froide, vous deviez aller dehors. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;eau chaude dans la salle de bain. Une douche chaude \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme un miracle et un grand bonheur ! Pouvez-vous imaginer que la seule chose que j&rsquo;ai toujours ch\u00e9rie et pour laquelle j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 reconnaissante \u00e9tait le chauffage central dans cet \u00e9difice ? Il y avait d&rsquo;autres maisons qui n&rsquo;avaient qu&rsquo;un petit po\u00eale \u00e0 bois dans la pi\u00e8ce pour se chauffer. Lorsque le bois de chauffage s&rsquo;\u00e9puisait dans la nuit, ces pi\u00e8ces \u00e9taient aussi froides que l&rsquo;ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu&rsquo;il n&rsquo;y ait qu&rsquo;une douzaine de fr\u00e8res et s\u0153urs, l&rsquo;atmosph\u00e8re \u00e9tait chaleureuse et douillette, comme une famille. Nous chantions avant la m\u00e9ditation march\u00e9e et apr\u00e8s les repas, nous nous r\u00e9unissions souvent pour boire une tasse de th\u00e9 parfum\u00e9, pour chanter, r\u00e9citer des po\u00e8mes, rire et partager des histoires. Quelle que soit l&rsquo;activit\u00e9 de la sangha, tout le monde \u00e9tait pr\u00e9sent. Malgr\u00e9 sa pauvret\u00e9, le village des Pruniers \u00e9tait riche d&rsquo;amour, de fraternit\u00e9, de sororit\u00e9 et d&rsquo;amiti\u00e9. Mon c\u0153ur a continu\u00e9 \u00e0 s&rsquo;ouvrir. Je ch\u00e9rissais chaque jour, je ch\u00e9rissais l&rsquo;occasion de revenir \u00e0 une vie simple et saine o\u00f9 nous avions le temps de nous renouveler. Ce mode de vie me faisait me sentir combl\u00e9e, comme si je r\u00e9alisais un r\u00eave longtemps attendu.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignwide\" id=\"articlesr-tue-nghiem20211210036-crop\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lathu.langmai.org\/media\/build\/article\/sr-tue-nghiem\/6GYpIPV5qH-1483.jpeg\" alt=\"\"\/><figcaption>A partir de la gauche: Sr. Dinh Nghiem, Sr. Tue Nghiem, Sr. Giai Nghiem<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Les yeux de la pratique<\/h4>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 un an au Village des Pruniers, je suis retourn\u00e9 aux \u00c9tats-Unis. J&rsquo;ai eu la sensation d&rsquo;avoir v\u00e9cu au sommet d&rsquo;une haute montagne, loin du monde pendant un an. Rentrer chez moi, c&rsquo;\u00e9tait comme descendre de la montagne pour entrer dans une vie pleine de malheurs et de probl\u00e8mes. Mais cette fois, mes yeux \u00e9taient brillants pour voir les choses que je n&rsquo;avais pas vues auparavant ou que je prenais pour la norme.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re chose que j&rsquo;ai vue, c&rsquo;est que tout le monde travaillait pour amasser de l&rsquo;argent. Cela semblait \u00eatre le mode de recherche du bonheur de chacun. La consommation cr\u00e9ait tellement de d\u00e9chets pour la Terre M\u00e8re et peu le remarquaient. La deuxi\u00e8me chose que j&rsquo;ai vue, c&rsquo;est que tout le monde avait des difficult\u00e9s et des souffrances mais ne savait pas comment les g\u00e9rer. Ils ne cherchaient que des moyens de s&rsquo;\u00e9chapper et d&rsquo;oublier, causant ainsi tant de douleur pour eux-m\u00eames et leurs proches. J&rsquo;ai \u00e9galement vu les difficult\u00e9s que mes s\u0153urs et fr\u00e8res de sang rencontraient dans leurs relations avec leurs conjoints et leurs enfants. Pendant ce temps, mon fr\u00e8re a\u00een\u00e9, devenu moine, vivait dans la joie et aidait de nombreuses personnes \u00e0 toucher le bonheur. La vie simple et profonde d&rsquo;un moine au Village des Pruniers \u00e9tait mon chemin, ma direction. C&rsquo;est pourquoi j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de retourner au Village des Pruniers et de demander \u00e0 devenir nonne.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Suivre le chemin monastique<\/h4>\n\n\n\n<p>Trente ans, c&rsquo;est un long voyage. Avec le recul, je constate que j&rsquo;ai travers\u00e9 de nombreuses \u00e9tapes de changement, tant en moi-m\u00eame qu&rsquo;au sein de la communaut\u00e9 du Village des Pruniers. Je me souviens qu&rsquo;avant de me lancer dans la vie spirituelle, j&rsquo;avais aussi des craintes et des inqui\u00e9tudes. Serais-je heureuse et marcherais-je sur ce chemin pleinement pour la vie ? J&rsquo;ai regard\u00e9 mon fr\u00e8re et Thay &#8211; deux personnes qui marchaient solidement, heureuses, et qui aidaient \u00e0 soulager la souffrance de beaucoup d&rsquo;autres. Cela m&rsquo;a donn\u00e9 la ferme conviction d&rsquo;entrer dans une nouvelle vie de jeune monastique.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a certainement eu des hauts et des bas dans ma vie monastique. Mais ces moments m&rsquo;ont aussi aid\u00e9e \u00e0 r\u00e9aliser que le but de ma vie de moniale \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment de g\u00e9rer mes difficult\u00e9s int\u00e9rieures, d&rsquo;en comprendre les racines et de les transformer. Il y a eu des moments o\u00f9 j&rsquo;ai vu que j&rsquo;\u00e9tais encore faible face aux relations affectives. J&rsquo;ai lutt\u00e9 avec mon esprit, mais j&rsquo;ai fait la d\u00e9termination claire que j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e pour \u00eatre libre de tout enchev\u00eatrement \u00e9motionnel, afin de pouvoir cultiver l&rsquo;amour d&rsquo;un bouddha dans mon c\u0153ur. Peu \u00e0 peu, j&rsquo;ai compris que le noble objectif de la vie monastique est de transformer la souffrance, d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 la lumi\u00e8re du bonheur et de la libert\u00e9, et de devenir un instrument du Dharma capable d&rsquo;aider les autres \u00e0 voir une voie belle et saine. Avec le recul, je constate que les difficult\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 la nourriture qui a renforc\u00e9 et nourri mon esprit de d\u00e9butant. Elles m&rsquo;ont permis de toucher un espace int\u00e9rieur et une compr\u00e9hension plus profonde de moi-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Les difficult\u00e9s \u00e9taient l\u00e0, mais en m\u00eame temps, la joie, le bonheur et la paix \u00e9taient aussi toujours pr\u00e9sents. Chaque jour, j&rsquo;ai grandi en tant que nonne au milieu des chants, des po\u00e8mes, des gathas, de la nature, des rires, de la fraternit\u00e9 et de la sororit\u00e9, tous nourrissants et salutaires. Que faut-il de plus ? J&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 ce dont je r\u00eavais pour ma vie. Je n&rsquo;avais plus besoin d&rsquo;errer ici et l\u00e0 \u00e0 la recherche du bonheur. Le bonheur et la paix sont des qualit\u00e9s tangibles que je peux toucher et savourer chaque jour. Lentement, mes difficult\u00e9s s\u00e9culaires se sont transform\u00e9es \u00e0 mon insu.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus je vis dans la sangha, plus je vois comment je me m\u00e9tamorphose. Plus je pratique, plus je vois des merveilles se manifester autour de moi et en moi. Plus je pratique, plus je comprends des choses qui n&rsquo;\u00e9taient que des th\u00e9ories pour moi auparavant.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignwide\" id=\"articlesr-tue-nghiem20211212087e\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lathu.langmai.org\/media\/build\/article\/sr-tue-nghiem\/MWivzpAQoz-1500.jpeg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Toucher le chagrin, toucher l&rsquo;inter-\u00eatre<\/h4>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9c\u00e8s de ma m\u00e8re est l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement qui m&rsquo;a le plus secou\u00e9 dans ma vie. Maman \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 malade depuis six ans. Son corps est devenu de plus en plus faible et a perdu la capacit\u00e9 de fonctionner normalement. Lorsque maman est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, j&rsquo;ai eu la sensation qu&rsquo;il \u00e9tait temps pour elle de se d\u00e9faire de ce corps \u00e2g\u00e9 et malade. Je savais qu&rsquo;elle \u00e9tait continu\u00e9e par ses enfants et petits-enfants. Cependant, lorsque maman est partie, j&rsquo;ai ressenti un vide dans mon c\u0153ur &#8211; <em>Je ne verrai plus jamais sa silhouette, je n&rsquo;entendrai plus sa voix et je ne pourrai plus jamais l&rsquo;\u00e9treindre et la toucher physiquement.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Soudain, j&rsquo;ai ressenti une grande perte et un chagrin intense. Depuis ma premi\u00e8re visite au Village des Pruniers, j&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 appris que ce n&rsquo;est qu&rsquo;en embrassant la sensation de perte et de chagrin que je pouvais la comprendre, la calmer et la transformer. Ces entra\u00eenements \u00e9taient devenus une cloche de pleine conscience, m&rsquo;aidant \u00e0 revenir pour apaiser et transformer ma perte et mon chagrin. Lorsque je suis revenue \u00e0 moi avec l&rsquo;\u00e9nergie de la pleine conscience dans chaque respiration, j&rsquo;ai reconnu la v\u00e9rit\u00e9 que ma m\u00e8re \u00e9tait pr\u00e9sente en moi. Je pouvais \u00eatre en contact avec elle. <em>Maman est l\u00e0. Elle est toujours l\u00e0.<\/em> Nous sommes la continuation de notre m\u00e8re \u00e0 travers nos vertus et nos habitudes. Il nous suffit de revenir \u00e0 la respiration, au corps et au moment pr\u00e9sent pour voir notre m\u00e8re en nous. C&rsquo;est une v\u00e9rit\u00e9, la v\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;inter-\u00eatre. La m\u00e8re et l&rsquo;enfant ne font qu&rsquo;un. L&rsquo;enfant est une continuation de la m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque j&rsquo;ai touch\u00e9 cette v\u00e9rit\u00e9, le chagrin et le sentiment de perte se sont progressivement transform\u00e9s. Chaque fois que je me sentais mal \u00e0 l&rsquo;aise, je revenais au corps et \u00e0 la respiration, en appelant silencieusement \u201cMaman, oh ch\u00e8re maman\u201d, et ma m\u00e8re \u00e9tait l\u00e0 tout de suite pour m&rsquo;aimer et m&rsquo;aider \u00e0 affronter l&rsquo;esprit de malaise. J&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 que je pratiquais pour moi-m\u00eame et en m\u00eame temps pour ma m\u00e8re. Voir l&rsquo;inter-\u00eatre entre la m\u00e8re et l&rsquo;enfant est la porte qui me permet d&rsquo;arriver \u00e0 la vision de mon inter-\u00eatre avec tout le monde, avec le cosmos.<\/p>\n\n\n\n<p>Mes chers jeunes, si nous pouvons go\u00fbter \u00e0 la vision du non-soi et de l&rsquo;inter-\u00eatre \u00e0 travers notre propre corps et notre esprit, alors nous pouvons go\u00fbter au bonheur et \u00e0 une grande libert\u00e9 ici et maintenant. C&rsquo;est le v\u00e9ritable chemin d&rsquo;un monastique.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/www.parallax.org\/product\/la-thu-lang-mai-2022-print\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"734\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/dev.plumvillage.org\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/K8WX4Z4tvo-1500-1200x1675-1-734x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-289439\" srcset=\"https:\/\/dev.plumvillage.org\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/K8WX4Z4tvo-1500-1200x1675-1-734x1024.jpeg 734w, https:\/\/dev.plumvillage.org\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/K8WX4Z4tvo-1500-1200x1675-1-499x697.jpeg 499w, https:\/\/dev.plumvillage.org\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/K8WX4Z4tvo-1500-1200x1675-1-768x1072.jpeg 768w, https:\/\/dev.plumvillage.org\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/K8WX4Z4tvo-1500-1200x1675-1-1100x1536.jpeg 1100w, https:\/\/dev.plumvillage.org\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/K8WX4Z4tvo-1500-1200x1675-1.jpeg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 734px) 100vw, 734px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La lettre d&rsquo;information du Village des Pruniers<\/h4>\n\n\n\n<p>Cet article a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;origine dans la lettre d&rsquo;information du Village des Pruniers et traduit en fran\u00e7ais. Si vous souhaitez en commander une copie physique ou en format pdf, vous pouvez le faire en faisant un don <em><a href=\"https:\/\/www.parallax.org\/product\/la-thu-lang-mai-2022-print\/\">sur le site web de Parallax Press<\/a>.<\/em> <strong>Le magazine est en anglais.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans cette lettre touchante, S\u0153ur Ch\u00e2n Tu\u1ec7 Nghi\u00eam raconte ses premi\u00e8res visites au Village des Pruniers, comment elle a d\u00e9cid\u00e9 de devenir nonne, comment elle a suivi le chemin monastique et comment elle a fait pour pratiquer lorsque sa m\u00e8re est morte.<\/p>\n","protected":false},"author":1142,"featured_media":296762,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"sync_status":"","episode_type":"","audio_file":"","castos_file_data":"","podmotor_file_id":"","cover_image":"","cover_image_id":"","duration":"","filesize":"","filesize_raw":"","date_recorded":"","explicit":"","block":"","itunes_episode_number":"","itunes_title":"","itunes_season_number":"","itunes_episode_type":"","ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"categories":[1588],"pv_series":[2733],"class_list":["post-296947","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-fr","pv_series-monastic-life-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/296947","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1142"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=296947"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/296947\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/296762"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=296947"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=296947"},{"taxonomy":"pv_series","embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.plumvillage.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pv_series?post=296947"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}